Gaïa, autrefois appelée la Terre, est la troisième planète en orbite autour du soleil. Monde d’origine de l’espèce humaine, elle fut le théâtre de grandes révolutions scientifiques, sociales et industrielles, mais également d’immenses tragédies ayant laissé des cicatrices indélébiles. Aujourd’hui, Gaïa incarne à la fois la grandeur et la décadence, un souvenir glorieux d’un passé révolu.
Abandonnée par l’Empire Stellaire au profit de ses colonies interplanétaires, la planète abrite encore plusieurs espèces intelligentes, notamment les telluriens, descendants directs de l’humanité originelle, les squamas, et diverses communautés insectoïdes. Ce fragile équilibre repose sur des conditions de survie de plus en plus précaires, aggravées par des siècles d’exploitation et de déclin écologique.

L’histoire de Gaïa bascule durant la période post-coloniale et la Grande Guerre. Les manipulations climatiques et les impacts des conflits interplanétaires transforment les cinq continents historiques en trois immenses blocs terrestres : l’Euraméricus, l’Afrarasia et l’Antar. Ces nouvelles formations géographiques résultent d’une combinaison de tectonique forcée, de changements géologiques et de catastrophes naturelles amplifiées par l’activité humaine.
Les écosystèmes de Gaïa, autrefois florissants, ne survivent que dans des enclaves isolées, souvent inaccessibles. Les océans, bien que toujours vastes, se sont appauvris en biodiversité, leurs écosystèmes marins étouffés par les résidus des guerres passées. L’atmosphère, fragilisée par l’extraction massive d’oxygène pour la terraformation de Mars et Vénus, ne parvient plus à régénérer un cycle stable. Des tempêtes d’oxyde balayent les régions désertiques, rendant des zones entières invivables.
Face à ces défis, l’Empire décide d’imposer un moratoire technologique sur Gaïa, interdisant toute activité industrielle significative. Les populations locales sont contraintes de revenir à des méthodes de survie primitives : agriculture manuelle, transport animal, et reliance aux cycles naturels. Ce choix, présenté comme une nécessité écologique, cache en réalité une volonté de l’Empire de reléguer Gaïa au rang de relique historique, tout en exploitant discrètement ses ressources restantes.
La faune et la flore, bien que fascinantes, restent profondément altérées. Certaines espèces endémiques, comme les drozoïdes altiers ou les lixarnes chantantes, s’adaptent aux nouveaux environnements hostiles, tandis que d’autres, comme les grands mammifères précoloniaux, disparaissent complètement. Gaïa devient un musée vivant d’une nature en survie, une planète où chaque jour est un combat pour préserver l’équilibre.
Le continent Antar, situé autour du pôle Sud, est le dernier refuge de la civilisation humaine sur Gaïa. Divisé en trois grandes régions — la Pensacolie, l’Argusie, et la Shackletonie — il abrite les vestiges des populations humaines organisées en tribus et clans. Ces sociétés se disputent constamment le contrôle des zones riches en ressources, notamment autour du pôle, où d’importantes activités magnétiques fournissent une source d’énergie cruciale.
Les villes principales, comme Shacklétar ou Argusis, mélangent architecture préindustrielle et technologies rudimentaires. Ces cités, bien que modestes, représentent les derniers pôles d’organisation politique sur Gaïa. Le quotidien des habitants est marqué par des conflits tribaux, une économie de subsistance, et une dépendance à des ressources en voie d’épuisement.

La gestion de Gaïa est supervisée par un gouverneur impérial, basé sur la cité orbitale de Zyon.
Ce dirigeant, connu sous le titre de Gaïenor, agit comme médiateur entre les factions locales et les intérêts impériaux. Sa mission est de maintenir un fragile statu quo, mais son autorité est souvent remise en question par les tribus locales et les communautés indépendantes.
En dépit de l’abandon apparent, l’Empire continue de surveiller Gaïa, en partie pour prévenir toute montée en puissance des factions locales, mais également pour préserver l’accès à certaines ressources rares encore présentes dans les terres désertées.